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Perte de travailleurs étrangers : Fibrobec forcé de s’adapter pour préserver ses opérations

Cinq travailleurs portant des combinaisons blanches et équipements de protection posent dans un atelier industriel devant une grande boîte en fibre de verre.

Perte de travailleurs étrangers : Fibrobec forcé de s’adapter pour préserver ses opérations

Incapacité à renouveler les permis de travail : La nouvelle réalité des PME québécoises

Il y a quelques jours, La Presse nous apprenait que le seul Tim Hortons des îles de la Madeleine allait fermer ses portes, faute de main-d’œuvre.

C’est le genre de nouvelle qui pourrait se multiplier depuis que le gouvernement fédéral a resserré ses politiques d’immigration. Depuis l’automne 2024, le gouvernement a notamment limité à 10 % la proportion de travailleurs étrangers temporaires à faible salaire au sein d’une entreprise. Les seuils précédents étaient de 20 % ou de 30 %.

Cette nouvelle réalité n’affecte pas seulement les entreprises des régions éloignées. Elle touche aussi de nombreuses PME partout au Québec, notamment dans le secteur manufacturier.

Chez Fibrobec, les conséquences sont très concrètes.

D’ici la fin de 2026, l’entreprise pourrait perdre sept employés en raison de l’impossibilité de renouveler leur permis de travail. Ces travailleurs sont pourtant en poste depuis trois à cinq ans. Ils connaissent les produits, les procédés et les méthodes de travail. Ils sont autonomes, productifs et pleinement intégrés aux équipes.

Sept employés au sein d’une équipe d’environ 80 personnes.

Comment maintenir le rythme des opérations lorsque des postes aussi essentiels que ceux de journaliers, d’assembleurs ou de lamineurs deviennent constamment à pourvoir?

Un nouvel employé à intégrer chaque semaine

Chaque fois qu’un permis de travail arrive à échéance et ne peut être renouvelé, Fibrobec doit recommencer le processus d’embauche pour pourvoir le poste.

Affichage, recherche de candidats, entrevues, embauche, intégration, formation…

Et le cycle recommence.

Un travailleur qui connaît déjà l’entreprise et qui possède de trois à cinq ans d’expérience doit partir, pour être remplacé par un nouveau travailleur qui devra, lui aussi, être formé et intégré.

Et dans quelques années, si son permis ne peut pas être renouvelé à son tour, le scénario risque de se répéter.

C’est une roue qui tourne sans cesse.

Pour une PME manufacturière, ce roulement représente bien plus qu’un défi administratif. Il demande du temps de gestion, mobilise les employés déjà en place et entraîne des coûts importants de recrutement et de formation.

Surtout, il peut avoir un impact direct sur la productivité.

Quatre travailleurs posant dans un atelier à côté d'une boîte de camion en fibre de verre blanche
L’équipe pose fièrement à côté d’une boîte pour camion en fibre de verre en cours de fabrication.

Repenser complètement l’intégration

Face à cette réalité, Fibrobec a dû revoir ses façons de faire.

L’entreprise a notamment développé une plateforme numérique intégrant des vidéos de formation afin de permettre aux nouveaux employés d’acquérir plus rapidement les connaissances nécessaires à leur travail et de devenir autonomes.

Mais le changement ne s’arrête pas à la technologie, il a fallu revoir la culture d’intégration de l’entreprise.

Comment faire en sorte que les employés déjà en poste puissent participer activement à la formation des nouveaux, sans ralentir les opérations?

Fibrobec a donc mis en place un programme de bonification visant à encourager les employés expérimentés à contribuer à l’intégration et à la formation de leurs nouveaux collègues.

L’objectif est simple : réduire le temps nécessaire pour rendre un nouvel employé autonome, tout en limitant l’impact sur la production.

Groupe de six travailleurs en tenue blanche de protection dans un atelier de fabrication industrielle
Les membres de l’équipe posent ensemble dans l’atelier de production.

S’adapter ou subir

Fibrobec n’a pas le choix de s’adapter.

Comme plusieurs PME québécoises, l’entreprise doit composer avec une réalité sur laquelle elle a peu de contrôle. Mais elle peut choisir comment y répondre.

La question est maintenant de savoir jusqu’où les entreprises devront aller pour compenser un système qui les oblige à remplacer des employés expérimentés par de nouveaux travailleurs, alors que ces employés pourraient continuer à contribuer à leur croissance.

Pour Fibrobec, l’enjeu n’est pas seulement de trouver de la main-d’œuvre. C’est de préserver son savoir-faire, sa productivité et la stabilité de ses équipes.

Et dans un contexte où chaque employé compte, le véritable défi est peut-être moins de recruter que de réussir à garder ceux qui sont déjà formés, intégrés et productifs.

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